Hommage à Matthias Grünewald

Hommage à Matthias Grünewald, "Dans la main de Grünewald", Etude partielle, 2006-2008, Huile sur toile, 50 x 150cm
Hommage à Matthias Grünewald, "Dans la main de Grünewald", Etude partielle, 2006-2008, Huile sur toile, 50 x 150cm

Ce tableau fait partie d’un ensemble d’une vingtaine de peintures réalisées principalement entre 2005 et 2008. Ces tableaux constituent un ensemble d’études préparatoires pour une œuvre plus conséquente, actuellement en cours de réalisation. Cet étalement dans le temps du faire pictural me permet d’introduire progressivement des éléments appartenant à d’autres recherches, qui restructurent ainsi le travail dans le cadre d’une démarche exploratoire plus globale.

Cet hommage, comme d'autres, est d'abord un geste adressé à un artiste. Mais c’est aussi la lente évaporation de la Peinture (avec ses références, son histoire...) qui, peu à peu, donne à voir la réelle consistance des influences qui se révèlent ainsi dans toute leur complexité.

 

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Philippe Guérin, 2016


Hommage à Rogier van der Weyden

Hommage à Rogier van der Weyden, "Mollusques et vertébrés, 2001-2002, Colle de peau, dessin à la mine de plomb, jeu d'enduit acrylique et huile sur toile, 140 x 200 cm
Hommage à Rogier van der Weyden, "Mollusques et vertébrés, 2001-2002, Colle de peau, dessin à la mine de plomb, jeu d'enduit acrylique et huile sur toile, 140 x 200 cm

Les références, pourtant nombreuses, ne sont jamais directes car elles sont entraînées dans un long processus d’élaboration dont elles resurgissent, transformées, déplacées, enrichies par d’autres expériences. Le travail de l’inconscient joue son rôle, s’y ajoute l’observation passionnée, parfois méticuleuse des œuvres dans les musées. Il se produit alors une sorte de lente évaporation de la Peinture qui affleure à la surface de mes tableaux, à la fois évidente et insaisissable.

Ainsi, la découverte en 1985, d’une petite piéta de Rogier van der Weyden au Musée d’Art Ancien de Bruxelles, avait suscité mon admiration devant l’audace d’une croix tronquée et la finesse de composition dans l’organisation spatiale des pieds et des mains des personnages. Rendre hommage à ce tableau pour mon exposition à l’ULB nécessita un long travail de préparation et m’a entraîné à voir ou revoir beaucoup d’œuvres de Rogier van der Weyden conservées dans les musées du Nord de l’Europe.

Pourtant, dans cet hommage à Rogier van der Weyden, intitulé Mollusques et vertébrés, et qui relate de la vie du modèle principal, alors âgé de trente trois ans et sidéen, ce n’est pas la Flandre des anciens Pays Bas que révèle ma peinture, mais bien d’avantage mon émotion d’adolescent devant les Scènes des Massacres de Scio d’Eugène Delacroix, quelque délicatesse d’un pied botticellien ou les souvenirs d’un livre d’enfant aux pages glacées, longuement feuilleté pour découvrir les Beautés du Fond des Mer.

 

La peinture, ça commence par un fond, ça se termine par une surface et entre les deux, je comprime du temps.

 

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Philippe Guérin, 2002


Hommage à Andrea Mantegna

Hommage à Andrea Mantegna (Christ mort, 1506, Milan), 1992, Jeu d’enduit et colle de peau sur toile agrafée sur un châssis de 30 x 24 cm et débordant de 2 à 3cm sur le pourtour, Collection particulière, Paris, France
Hommage à Andrea Mantegna (Christ mort, 1506, Milan), 1992, Jeu d’enduit et colle de peau sur toile agrafée sur un châssis de 30 x 24 cm et débordant de 2 à 3cm sur le pourtour, Collection particulière, Paris, France

Cet autoportrait appartient à une série de huit tableaux réalisés entre 1992 et le début de l’année 1993. Tous sont des têtes couchées ; un double jeu de miroir me permettant de découvrir ce que voient les autres. Cette mise à distance de moi-même correspondait à un moment difficile, où l’émergence d’une vraie solitude ne me laissait plus guère comme matériau de travail que ma propre personne, comme support de réflexion que ma simple existence.

J’avais entièrement vidé mon atelier, entreposant quinze ans de peinture dans un atelier voisin loué pour la circonstance. Ensuite, j’avais monté simultanément huit petits formats avec une même toile. Il n’y avait pas d’intention bien déterminée, peut-être une solidarité inconsciente et éphémère pour lutter contre le vide. L’ensemble était resté en attente pendant plusieurs jours.

A un moment donné, j’ai coupé la toile, isolé un premier châssis. Le jour suivant, avec de la colle de peau colorée rouge sur un enduit blanc, j’ai choisi d’arrêter là le premier autoportrait et d’en faire un hommage au Christ mort de Mantegna. Le deuxième et le troisième tableau ont été peints deux mois plus tard. Il m’a fallu plus de six mois pour en faire huit et conclure cette série.

 

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Philippe Guérin, 1998

 

Catalogue Jeux de genres, Editions des Musées de la ville de Paris, 1998